dimanche 9 juillet 2017

La misère n’est pas moins pénible au soleil




L'été s'annonce chaud, le printemps a explosé des records de chaleur un peu partout en France...




Les personnes âgées, ne ressentant souvent plus le besoin de boire sont sujettes à la déshydratation . 

En 2003,  la France avait été frappée par la canicule la plus importante depuis 1947.
Débutant  le 3 août, elle a atteint des températures très élevées: une très grande partie du territoire français a ainsi été touchée par des températures supérieures à 35 degrés pendant au moins dix jours et supérieures à 40 degrés pendant au moins deux jours. 






A l' époque, selon une enquête réalisée par l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), près de 15 000 personnes sont décédées entre le 1er et le 20 août 2003 des suites de la canicule, dont la moitié était âgée de plus de 85 ans. 




Depuis, les alertes pour " fortes chaleurs " ou canicules sont entrées dans notre vie, nous rappelant de nous préoccuper d'avantage des personnes vulnérables (âgées, nourrissons, enfants en bas âge, malades, femmes enceintes )



Fort heureusement notre vigilance s'est accrue, et nous avons pris des habitudes pour éviter les coups ce chaleurs, et garder au mieux la fraîcheur dans nos habitations...

Mais si été et chaleur sont synonymes, pour la majorité des gens, de vacances, plages, mer et boissons fraîches, qu'en est-il des gens qui n'ont pas les moyens de fuir la chaleur écrasante des villes, des appartements mal isolés où, malgré toutes les précautions, la température augmente obstinément ?  

Quand on vit sans les moyens de se payer une journée à la piscine, qu'on n'a pas accès à un endroit où se rafraîchir ?   

Pire encore, quand on est sans domicile, obligé de vivre dans la rue, sous une chaleur insupportable...

  
Les hébergements d'urgence sont moins nombreux qu'en hiver, et les SDF particulièrement vulnérables. 
Lorsque la météo prévoit de fortes chaleurs, le plan canicule est déclenché, et des bouteilles d'eau sont distribuées. Malheureusement, dès que le plan canicule est levé, la distribution d'eau est elle aussi suspendue...


"En période hivernale, il est toujours ouvert plus de places pour répondre aux besoins. Car on pense que l'hiver, on va mourir de froid. Mais l'été, on meurt de chaud. On s'aperçoit que la période estivale est aussi pénible et dure à vivre que la période hivernale, si ce n'est plus", commente Philippe Hamelin, Directeur du Collectif Pauvreté-Précarité de Clermont-Ferrand. 



"En réalité, la mortalité des sans-abri est aussi importante en été", souligne Florent Gueguen, directeur de la Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale (Fnars), qui regroupe 870 associations.
"Les problèmes d’ hyperthermie peuvent fragiliser des corps déjà très affaiblis", souligne aussi  Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé Pierre.
Les sans-abri qui consomment de l’alcool peuvent se déshydrater très rapidement. 
Et ceux qui exposés au soleil risquent l’insolation.

Le 115, le numéro d’urgence pour les sans-abri, refuse 60 % des demandes en ce début d’été, selon la Fnars.  



La situation est particulièrement tendue à Paris : 557 personnes ou familles ont sollicité le 115 mardi 4 juillet sans trouver de solution d’hébergement. Mais d’autres départements sont aussi très touchés par cette situation : le Rhône, la Gironde, l’Isère et la Seine-Saint-Denis. "Et encore, les chiffres du 115 n’illustrent pas complètement la demande d’hébergement d’urgence car un tiers des personnes à la rue, découragés de ne pas avoir de réponse, n'appelle plus le 115", affirme Christophe Robert.

Les préfets aux commandes !
S’agissant des accueils de jours, le ministère de la Cohésion des territoires explique qu’il leur a été demandé "lors du passage en vigilance orange, de rester ouvert toute la journée sans fermeture et d’indiquer la possibilité d’une ouverture ce week-end". "Et en période de fortes chaleurs, les associations renforcent leurs maraudes pour repérer les personnes qui risquent d’être en situation d’hyperthermie et distribuer de l’eau", indique Christophe Robert.

Évidement, je ne peux m'empêcher de penser aux associations qui viennent en aide aux migrants de Calais, entre autres, traquées par la gendarmerie, forcées de vider des milliers de litres d'eau par terre sous prétexte de surcharge des véhicules alors même que les gens là-bas attendent des heures pour un peu d'eau !



"L'État a considéré qu'il y avait dans cette décision des considérations qui pouvaient être discutables sur le plan de l'intérêt général", a déclaré à la presse Fabien Sudry, préfet du Pas-de-Calais !!!!!


Saisi en référé, le tribunal administratif de Lille avait le 26 juin ordonné la mise en place de mesures pour venir en aide aux migrants : la création de points d'eau et de sanitaires et un meilleur accès aux douches. C'est le ministère de l'Intérieur qui a fait appel, se pourvoyant devant le Conseil d'État.

Nous sommes en 2017, dans le pays qui a vu naître les Droits de l' Homme et où manifestement, le président Macron et son gouvernement ont décidé de les bafouer en n'offrant pas le minimum vital auquel a droit CHAQUE ÊTRE HUMAIN !!! 
Parmi ces gens, des FEMMES ENCEINTES, des JEUNES ENFANTS !



"Ce n'est pas une grande surprise, ils persistent et s'entêtent dans leur stratégie de maltraitance institutionnelle", a dénoncé Vincent De Conynck, chargé de mission du Secours catholique dans le Nord-Pas-de-Calais. Les associations critiquent en particulier le fait que l'État n'ait pas amorcé sur le terrain, dans les délais prévus par le tribunal L'INSTALLATION DE POINTS D'EAU.



Des associations se sont plaintes, jeudi 1er juin, des "entraves répétées" et de la violence des forces de l’ordre à l’encontre des migrants dans le Calaisis, ce qu’a pu constater un journaliste de l’AFP lors d’une distribution alimentaire empêchée. "Nous constatons et dénonçons une chasse à l’homme, des violences policières illégitimes, du harcèlement des réfugiés ainsi que des entraves aux distributions alimentaires", a affirmé François Guennoc, porte-parole de L’Auberge des migrants, lors d’une conférence de presse à Calais.

"Le soleil tape fort, il fait près de 30 degrés et on nous interdit ne serait-ce que de leur distribuer une bouteille d’eau. C’est inhumain", s’exclame Mireille de Salam. La justice avait pourtant annulé le 22 mars les arrêtés municipaux tentant d’interdire ces distributions. 

"Il y a une entrave à la circulation, voyez avec l’autorité préfectorale", répond un CRS à un bénévole.
Nous confirmons : la préfecture interdit de donner de l'eau et de la nourriture aux migrants en dehors de 18/20h (Auberge des migrants).


Décidément, la misère n'est pas moins pénible au soleil, comme le chantait Aznavour ... en fait, la misère, avec 40 ° ça ressemble juste un peu plus à l'enfer!!!

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