lundi 17 juillet 2017

Mao ( ou les tribulations d'un chat en Tyrannie)

Mao



Mao entend du bruit dans le vestibule et se réveille brusquement.
Négligemment, Il retire le drap de soie de sa corbeille à baldaquin et s’étire longuement les quatre pattes.



Ce matin, les rayons du soleil ne sont pas venus lui chatouiller les moustaches.
Mao avait choisi l’aile Est du palais pour l’agencement de ses appartements privés spécialement pour le lever du soleil. Tous les soirs, il demandait à Adolph, son majordome attitré, de laisser les lourds doubles rideaux ouverts. Jusqu’à maintenant, ses coups de griffes acérées étaient bien dissuasifs.

Mao a très mal dormi, les orgies de son maître bien aimé l’ont tenu éveillé jusqu’à très tard dans la nuit. Cette fois ci, il lui a semblé entendre des fusils. Les vices des humains l’ont toujours rendu perplexes.

Il attend impatiemment que ce couard d’Adolph ramène sa litière parfumée. La porte s’ouvre et son maître, son tyran bien aimé rentre en grande tenue d’apparat et le prend dans ses petites mains potelées pour sa séance de papouilles quotidiennes. Ses sens aiguisés de félin distinguent nettement une émotion singulière ce matin chez son bon maître. DE LA PEUR !
Le même sentiment que la fois où il a trouvé une tique sur la queue de Mao.
Mao avait fricoté avec Maggie une persane torride qui lui avait refilé des bestioles. Il n’a pas perdu son titre de favori pour autant.

Adieu la séance de câlins matinale ! Son tyran préféré est sûrement venu le chercher pour une promenade puisqu’il le dépose dans sa cage de transport dorée en oubliant la couverture en cachemire. Dommage pour ses coussinets !

C’est certain maintenant, son bon maître est fiévreux.
Au pas de course, il leur fait quitter le palais par des couloirs inconnus. Mao sent de bonnes odeurs de poissons et de fromages. Il pense seulement maintenant qu’avant la balade il n’a pas bu son nuage de crème tiède, où est Adolf aujourd’hui ?

On ne peut plus compter sur le petit personnel.
Heureusement la limousine blanche les attend à la porte des cuisines, cette voiture amuse beaucoup Mao, son frigidaire est toujours rempli de ce breuvage français que le petit agité leur livre par caisses entières pour qu’on lui achète son avion tordu.
Que de monde dans la cour! La foule est encore venue en liesse pour les acclamer.
Aujourd’hui elle leur lance des cailloux. Mao préfère nettement les fleurs surtout les jasmins odorants.

Des hommes excités agitent de grands drapeaux rouges en courant. Mao reste toujours stupéfait de l’insoumission des êtres humains et de leur sens aigu de la liberté. Ils ont osé changer les couleurs des fanions sans autorisation, le rouge n’est pas à l’avantage de son bon maître, il ne convient absolument pas à son teint délicat. Quelle audace !

Deux d'entre eux s’immolent en signe de soumission, quel culot ! L’idée des torches humaines est excellente, elle devrait être réservée exclusivement à l’anniversaire de son maître. Cette petite sortie ne mérite pas une telle déférence. Son tyran d’amour ne les salue même pas. Il doit être barbouillé.
Le chauffeur de la voiture refuse de démarrer le carrosse ! Il évoque son honneur, encore une notion insensée, un sentiment humain grotesque !

Son bon maître essaie de prendre lui-même le volant mais la horde fanatique l’étreint violemment, ce n’est plus de l’amour mais de la passion !  ….

Epilogue :
Les scènes qui suivent sont au paroxysme de la cruauté et déontologiquement, je ne peux continuer mon propos.


Sachez seulement que Mao a trouvé refuge chez son cousin éloigné, Che Guevara, un vieux chat de gouttière qui sévit dans les poubelles des bas fonds de la capitale, il y coule encore des jours heureux incognito.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Tout commentaire agressif et raciste sera enlevé, mais des dialogues constructifs sont les bienvenus

Place du travail

Place du travail En cette période de manifestation sociale, conséquence d'une ordonnance pour le moins controversée, je me s...

Rechercher dans ce blog

Mentions

La Voix des Semeurs est membre du Réseau

"Semeurs Citoyens"




Les avis exprimés par les différents contributeurs varient et sont de la seule responsabilité de leurs auteurs mais respectent les principes républicains de la Constitution Française, ainsi que la Loi sur la Liberté de la presse du 29 Juillet 1881.

Notre ligne éditoriale humaniste et utopiste fait admettre dans notre sein une pluralité d'opinions et non une ligne stricte imposée par la rédaction.

Aussi des nuances d'opinion se retrouvent dans les contributeurs et auteurs, et cette pluralité est encouragée dans notre réseau.

Google+ Followers