dimanche 6 août 2017

Hiroshima une ombre noire dans l'histoire de l'humanité


Il est des anniversaires plus tristes que d’autres, il est des noms qui se suffisent à eux mêmes et qui sont rentrés à jamais dans la mémoire collective. Hiroshima  restera une ombre noire dans l’histoire de l’humanité.








 « Comme toi j’ai désiré avoir l’inconsolable mémoire, une mémoire d’ombre, de pierre. … Pourquoi nier l’évidente nécessité de la mémoire ? Écoute moi, je sais encore : ça recommencera 200 000 morts, 80 000 blessés en 9 secondes, ces chiffres sont officiels, ça recommencera. » 
                                  Hiroshima mon amour – Marguerite DURAS



 Dans le plus grand secret, le 26 juillet 1945, un navire de guerre américain, le croiseur USS Indianapolis accoste sur l’ile de Tinian dans l’archipel américain des Mariannes. C’est la base avancée des bombardiers lourds américains qui frappent le Japon quotidiennement. On débarque deux bombes atomiques, Little Boy et sa charge d’uranium 235  et Fat Man chargée de plutonium.



C’est le 6 aout 1945, que la première de ces bombes Little Boy, une masse de 4400 kg dont soixante quatre d’uranium 235, sera lâchée de la soute du Boeing B 29 baptisé Enola Gay.
A 8h 15 minutes et 17 secondes, la première arme nucléaire jamais utilisée lors d’une guerre est larguée. L’équivalent de vingt milles tonnes de TNT frappe la ville d’Hiroshima tuant sur le coup 100 000 personnes.  Dans les semaines, les mois, les années qui suivent 200 000 autres personnes seront irradiées et mourront.

La chaleur engendrée par la bombe atteint les 6000°C, les survivants présentent des blessures terribles, oreilles, nez et yeux fondus, des vêtements et des chaussures incrustées dans la peau.
La ville est pulvérisée.


Trois jours plus tard, la deuxième bombe, Fat Man doit être larguée sur la ville industrielle et militaire de Kokura. Mais la météo étant défavorable, on bombardera Nagasaki plus proche mais plus peuplée.

Après cette démonstration de force des États Unis, le mardi 14 août, l’empereur Hiro Hito annonce la capitulation sans condition du Japon. La seconde guerre mondiale est officiellement terminée.

Restent des vies de souffrances physiques et psychologiques pour les 450 000 survivants, les « hibakusha » qui signifie "exposés à la bombe". Les radiations ont provoquées des symptômes terribles, des leucémies et des cancers notamment. Des années 50 aux années 80, des centaines de nourrissons sont nés avec des malformations dues aux bombardements atomiques.





On sait aujourd’hui que les américains auraient pu épargner Hiroshima et Nagasaki. 


Le Japon était sur le point de capituler et s’apprêtait à négocier mais les objectifs des américains étaient autres.
 Ils voulaient devancer les Russes qui s’apprêtaient à déclarer la guerre au Japon le 9 août  précisément et surtout montrer leur suprématie militaire.

Après le test de la toute première bombe le 16 juillet 1945 dans le désert Jornada del Muerto au Nouveau Mexique, le président Truman n’attendit pas d’avoir les analyses complètes des retombées atomiques et ses conséquences sanitaires. C’est Hiroshima et Nagasaki qui ont testé in vivo l’efficacité de la bombe comme un vaste laboratoire d’études en somme.


Soixante et onze ans après, le président OBAMA s’est rendu au Japon pour la commémoration de l’anniversaire du bombardement. Il a appelé les nations à aller vers un monde dénucléarisé tout en omettant de présenter des excuses au peuple japonais en précisant qu’il laissait le débat sur le bien fondé du recours à l’arme atomique par le président Truman aux historiens.

Josh Eamest, son porte parole,  a cependant  déclaré 
« Les Etats Unis sont le seul pays à avoir utilisé des armes nucléaires. Nous avons une responsabilité particulière pour être à la pointe des efforts visant à les éliminer ».
Cette belle détermination tient elle toujours sous l’ère TRUMP ?

Hiroshima restera une tache indélébile et l’arme nucléaire le comble de l’inhumanité.


Si Auschwitz est un symbole de l’industrialisation de la mort, Hiroshima est l’étonnante adéquation de la mort et de l’économie : une seule arme et la mort pour des centaines de milliers de personnes.” 

                       D’après Le quotidien argentin Clarin via Courrier international 08/08/2005















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3 commentaires:

  1. Bonjour,
    Je serais intéressé par les sources de votre phrase "Le Japon était sur le point de capituler et s’apprêtait à négocier mais les objectifs des américains étaient autres.".

    Merci d'avance.

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    Réponses
    1. http://www.slate.fr/story/73421/bombe-atomique-staline-japon-capituler
      https://www.legrandsoir.info/etait-il-necessaire-de-lancer-des-bombes-atomiques-sur-le-japon-common-dreams.html

      En fait, l'histoire: "La question de la nécessité militaire peut être rapidement écartée. « le Japon était déjà vaincu et les bombes n’étaient absolument pas nécessaires. » Ces paroles ne sont pas celles d’un révisionniste ou d’un écrivain gauchiste. Ce ne sont certainement pas les paroles d’un anti-américain primaire. Ces sont les paroles de Dwight D. Eisenhower, Commandant suprême des forces alliées en Europe et futur président des Etats-Unis. Eisenhower savait, comme toute la hiérarchie militaire des Etats-Unis, qu’au milieu de l’année 1945 le Japon était sans défense."
      Cordialement

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  2. L'émission qui a suivi sur "Pourquoi l'Empereur n'a pas été jugé était aussi passionnante. On doit pouvoir la retrouver sur la 7.

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