dimanche 9 juillet 2017

Les Minguettes, 9 juillet 1981, la France à vif



1981: 9 JUILLET.

Pas loin de 35 ans que ce premier "été chaud" a explosé à la gueule de la France, la première fois que les médias, les politiques et d'autres se réveillaient en observant en face le mal des banlieues, les quartiers, les cités,comme on dit maintenant.

On observe dans un déferlement de violence des voitures brûlées, des cars de CRS vandalisés, des affrontements dignes de ceux des townships sud-africains, ou des ghettos américains.
La France a peur.

Tout commence par une bavure policière habituelle. Il faut le savoir. Internet n'en a pas trace. Mais la mémoire est encore à vif.
Un jeune prend une balle dans l'épaule par un policier, gratuitement.


Dans ces années-là, un noir, un crouille, un bougnoule, un nègre, ça rase les murs, ça parle avec accent.
C'est sale et c'est voleur, paresseux.
Il y a une hiérarchie bien appliquée entre le blanc français et l'étranger. L'arabe, il doit la fermer, dire, oui, Missié.
Des bandes de skins-heads s'en prennent en toute impunité à la vieille mama, au vieil ouvrier gris, et cela va facilement jusqu'à la torture.
Les violences policières sont fréquentes, dans un climat où les dérapages sont très souvent impunis.


C'est la première fois qu'il y a une couverture médiatique, ce 9 juillet 1981.
Les violences continueront durant les années 80.

Jean-Jacques Goldman en fait une chanson, en s'installant dans la banlieue lyonnaise et en essayant de discuter avec les habitants et ses jeunes: Envole-moi, qui devient un tube, mais rien n'est reversé aux inspirateurs. Goldman y gagne une image de chanteur engagé.


Tout comme un certain Renaud qui chante "mon HLM" et qui a du succès dans ces années-là.

Nous sommes en 1981, la Gauche vient de gagner les élections. Toute une aspiration, une fièvre de justice sociale saisit la France. Il va y avoir des revendications anti racistes, la naissance de SOS Racisme, qui se révèle également un organe opportuniste pour faire accéder au pouvoir des socialistes comme Harlem Désir, Dray ou Boutih...

Quel est le problème des Minguettes, ou de Vénissieux à ce moment?


La cité, le quartier est un vrai ghetto, on ne parle pas dans les centre-ville aux jeunes de ces quartiers-là. On y a entassé tous ceux dont on profite et dont on ne veut pas. Des bidonvilles des années 60 aux barres d'immeubles des années 70/80 et des forêts de béton qui en sont sortis, rien n'a guère changé. La France a besoin d'une main d’œuvre pas chère pour construire ses routes, faire tourner ses usines des Trente Glorieuses, du plein emploi et pleine croissance. Les bons français (pas encore de souche) se sentent souvent trop bien pour travailler dans  le bitume et les poubelles.
Du béton, il y en a partout. Les quartiers n'ont pas de verdure, pas de jolis ronds-point ni de belles fontaines, les enfants ne peuvent pas aller en vacances mais il n'est pas rare de trouver des enfants de 13 ans à 15 ans en prison, comme celle  Montluc, batiment K, qui a été fermée pour insalubrité récemment , mais qui a emprisonnée Jean Moulin et Guy Mocquet, jamais rénovée entre temps.

Pour aller en ville, sans voiture, c'est impossible, il faut des heures à pied dans un environnement étouffant, dans la pollution urbaine, les véhicules, la route et les poussières industrielles.


Vivre en banlieue , en 1981, c'est d'une violence sociale inouïe.

Forcément, une étincelle met le feu aux poudres.
Cela ne touche pas que les Minguettes, même si les médias ne retiennent que ce nom si mignon d'apparence, cela se propage à Vaulx-en-Velin, Vénissieux, les banlieues chaudes, les banlieues rouges, car communistes, autour de Lyon et Marseille, Paris etc....

Il faudra encore des émeutes, des violences, pour que le politique local  se décide à agir et à mettre des espaces verts, faire sauter des barres d'immeuble, mettre au milieu de la forêt crasse de béton un peu d'humain. Le réseau des transports lyonnais se développe et est un des meilleurs en France. Les quartiers sont  mieux désengorgés par la volonté publique et la ghettoïsation est freinée.
Il est évident que cela vient aussi des maires communistes de gauche de la ceinture de banlieue lyonnaise.
Celles-ci acquièrent la réputation néanmoins de banlieues les plus rudes de France et dont la violence est la plus terrible, alors que peu à peu, se calment les émeutes dans cette région de France.


9 JUILLET 2017:

Malheureusement, rien n'a changé réellement depuis, le FN a monté, paradoxalement, dans les campagnes éloignées des problématiques urbaines de ségrégation spatiale et économique, comme on dirait dans les think-thank payés à mettre des mots compliqués dans ce qu'une personne sensée vous dira simplement.
Parce que les violences dans les cités, les quartiers, les banlieues sont encore là et bien présentes.

La vie y est d'une violence inouïe, trente cinq ans après, les barres d'immeuble, il y en a encore et le désespoir se retrouve à prospérer comme une mauvaise herbe dans les forêts de béton française, avec la morgue du politique qui n'y fait pas grand chose sauf aux élections.
On continue à couvrir les violences policières de brebis galeuses qui jettent l'opprobre sur toute une profession dont on a besoin pourtant.
L’Éducation Nationale, cela fait longtemps qu'elle ne joue plus son rôle d'intégrateur social, cela fait longtemps que la chanson "Envole-moi" s'est évanouie et envolée...



Le travail s'est raréfié et on montre ces quartiers de français, défavorisés, les nouvelles cours des miracles, comme des monstres, où régneraient sans partage des caïds de la drogue et des bandes armées comme aux USA, montrés du doigt par ceux qui se croient encore supérieurs de droit du sol...et qui jalousent les boulots d'éboueurs et de terrassiers, jusqu'aux allocations en accusant les habitants de ces endroits de faire des élevages de petits terroristes pour toucher l'assistanat français.
Et comme si ça ne suffisait pas, maintenant, à l'arabe voleur, on a ajouté l'intégriste islamique qui veut maintenant violer et voiler nos femmes et nous empêcher de manger du cochon.


9 JUILLET 2017:



Le mal des banlieues est toujours à vif, la France est toujours à vif.
Car, ces banlieues sont la France et sont notre France.
Tant que la justice sociale n'y régnera, la France ne s'en sortira pas.


 Billet écrit avec des témoins de ces évènements.

Liens en rapport:

1981 : "l'été chaud" des Minguettes révèle la problématique banlieue à la France

Rébellions urbaines et déviances policières. Approche configurationnelle des relations entre les ”jeunes” des Minguettes et la police (1981-1983) Abdellali Hajjat

Wiki:
Minguettes
Émeutes Urbaines Françaises

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