dimanche 16 juillet 2017

En attendant Godot... on trouve Hamon



Beckett a marqué mon année de 1ère... j'avais 17 ans et je préparais alors mon bac de Français aussi activement qu'une limace se hâte vers la plage par temps sec...

Peu offensive dans mes études car peu passionnée par des études qui ne cessaient de me questionner sur l'utilité de ces dernières pour ma future vie d'adulte responsable, je me prélassais régulièrement dans les cafés en refaisant le monde avec quelques camarades aussi pro actifs que moi...
Le Français était une des seules matières qui, par la symbiose entre une enseignante dynamique et remarquable et mon goût prononcé pour cette langue et les potentiels néfastes ou nécessaires que je devinais de l'influence des mots sur la marche du monde me faisait encore siéger dans une salle de classe avec bonne grâce... (le mot "marche" me devient singulièrement gênant à utiliser ces jours derniers...)
Je découvris "En attendant Godot" par l'entremise d'une lecture obligatoire d'œuvre choisie cette année-là. Ce fut une rencontre étrange.
Je n'ai pas relu cette pièce qui tourne essentiellement autour d'un échange entre deux personnages sur divers sujets sans fond, dans un ennui profond, et dont le seul objectif de vie est cette attente insensée et sans fin du dénommé Godot...
Je me souviens avoir ressenti leur langueur, leur quotidien trouble et vide, chaque jour ressemblant aux autres... A cet âge, c'est du pain béni ce genre de texte... l'écho en moi était une évidence et je ne parvenais qu'à me féliciter d'incarner aussi fidèlement un personnage de Samuel Beckett. (Les ambitions d'ados désœuvrés sont parfois empreintes de peu de réalisme faut bien dire, mais ont un certain humour, non ?...)
Deux autres personnages interviennent, interprétation loufoque et insensée du maître et son esclave... provocations gratuites, illustrations anecdotiques, me disais-je, des relations humaines et sociales dont la relative grossièreté était juste là à nous détourner l'attention. (Pour ceux qui ne connaissent pas un des personnages tient l'autre en laisse et lui commande tout un tas d'actions comme un maître à son chien bien dressé...)
Pourquoi ce livre me revient-il aujourd'hui ? Attendais-je Godot moi aussi ? Sommes-nous tous dans cette attente de quelqu'un ou quelque chose ?
La réplique se trouve-t-elle dans l’œuvre que nous souhaitons réaliser dans notre vie ?
En fin de compte vu à l'échelle de notre pays, je ressentais cette attente de Godot ou tout autre chose, un changement, un tremblement, une révolution.

Bon d'accord, pour finir, on nous fait marcher dans les pas d'un Macron qu'on attendait pas du tout...
Mais en terme de comparaison, les paroles et propositions de Benoît Hamon lors de sa présentation aux primaires de la belle alliance populaire, et surtout cette notion de revenu universel, a été pour moi ce Godot.
Je me souviens de cette langueur mortifère juste avant cela, et du réveil incroyable durant son élocution, avec la mise en route de mon cerveau créatif et imaginatif qui a pour le coup fait un bond en avant dans des analyses et projections à tout va sur mon avenir, celui de mes enfants, parents, amis, etc.
La stratosphère et le cosmos pouvaient même en être changés tellement je fumais du cervelet en envisageant tous les possibles...
Mais ça y est, je n'attends plus Godot, car avec plein de camarades pro actifs ont va le construire...
A 45 ans on a des ambitions différentes, on veut du réel.
Claire Blanchard
13 juillet 2017

images :
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Réf : "En attendant Godot" Samuel Beckett
dessin illustration : crl-midi-pyrénée.fr

1 commentaire:

Tout commentaire agressif et raciste sera enlevé, mais des dialogues constructifs sont les bienvenus

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Je suis un homme. Mais avec un drapeau blanc. Je ne viens pas porter un quelconque jugement sur le phénomène des hashtags récents dénonçant...

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